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Mercredi 20 mars 2013
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Vendredi 16 mars 2012
Santé physique et mentale chez les Chefs d'entreprises.
Conférence à la demande des Chefs d'entreprises de la Chambre de Commerce et d'Industrie du Val d'Oise sur : "comment conjuguer la santé physique et mentale chez les Dirigeants de PME ?".

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Le toucher dans le coaching 2

Ma pratique de l’ostéopathie m’a permis de « disséquer » le toucher depuis 30 ans. Lorsque j’ai fait partie d’un GEP, Groupe d’Échanges des Pratiques de la SFCoach sur le thème du corps, je pensai en faire mon mémoire de DESS (« Pratique du corps dans le coaching, le toucher »). Au bout de 6 à 8 mois de réunions, j’ai dû changer de thème, car si on parlait bien du corps, tout le monde restait simplement assis sans bouger. J’avais bien essayé de mettre les participants en mouvements, mais devant la réticence à se lever des chaises, je n’ai fait qu’une démonstration.

Il y a un paradoxe : le terme « coach » vient du monde du sport, où le coach organise et potentialise les compétences corporelles des athlètes et des équipes de haut-niveau. Maintenant qu’il a été capté par des coachs d’entreprise, on ne fait que discourir du corps (quand on en parle), sans jamais recentrer les actions et le comportement à l’intérieur de ce corps.

Ma pratique réintroduit le corps dans le coaching. J’utilise le toucher (et le mouvement) dans le coaching depuis 1983. Pour moi, toucher est aussi naturel que respirer. C’est une écoute. Du corps de l’autre. Du mien. Mais si le corps de l’autre parle, ce n’est pas avec un langage verbal. C’est le langage des tissus du corps.

Les messages du corps, l’ostéopathe à l’écoute du corps.

Pour comprendre l’organisation d’un corps (de mon point de vue d’ostéopathe), c’est un autre corps qui va servir d’appareil d’observation : le mien. Cela implique la totalité du corps, ce que j’ai vécu, comment j’ai engrangé les messages du corps de l’autre, comment ces messages se sont transformés dans mon corps (et le transforme à son tour) comment ils ont nourri ma « banque de données »…

Dans ma pratique de coaching, ce toucher intervient pour moitié dans une séance.

En tant qu’ostéopathe, je n’ai aucun à priori sur l’organisation du corps de l’autre, même s’il est venu pour une chose aussi « simple » qu’un torticolis. Je ne sais pas pourquoi il souffre, et ce dont il souffre. La seule chose  que je sais faire, c’est « lire » et « écouter » l’organisation de ses tissus. De son corps vont émerger des informations (s’enrouler, s’incliner, se tasser, etc.),

Seuls les tissus savent

« Seuls les tissus savent », disait à ses élèves le docteur Rollin Becker, ostéopathe Américain. Il signifiait par ces mots, que nous, ostéopathes, ne savons rien du corps de l’autre, seuls les tissus du patient savent comment ils sont organisés, il nous faut alors les « écouter », puis les accompagner vers leur zone de dysfonction, laisser les tissus se relâcher, puis les raccompagner par le chemin qu’ils prendront. Lors d’une conférence à Louisville – USA, en 1974, il proférait que :

 « Si nous voulons comprendre ce mécanisme, nous devons comprendre et sentir comment il se comporte dans l’état de santé et dans l’état de maladie. Nous devons apprendre à travers lui ; nous devons fonctionner comme il fonctionne ; nous devons penser comme il pense ; et nous devons l’expérimenter avec nos mains […] »

Cela demande un toucher particulier, fait de douceur, de fermeté, de laisser aller, d’induction et de non-induction, d’abandon de soi, et de vigilance. Je rajouterai que « seuls, aussi, les tissus du praticien savent », ce qui veut dire que le praticien ne sait rien lui non plus de l’organisation de son propre corps. Il faut alors, pour que l’accompagnement des tissus du patient se fasse correctement, que les tissus de l’ostéopathe se mettent à l’unisson avec ceux du patient.

Si je laisse mon ego (moi je sais ce qu’il faut faire) et mon intellect de côté, je peux commencer à ressentir un mouvement dans mes mains, qui va entraîner mes bras, mes épaules, mon thorax, ma tête, mon dos, mon ventre, mon bassin, mes cuisses, mes genoux et mes pieds. Tout mon corps va participer aux modifications de tensions, de directions, de densité des tissus du patient. Mes propres tissus vont y participer en y répondant de la même manière, par des tensions, des changements de direction, ou des arrêts. La seule manière de comprendre des tissus qui sont en mouvement, c’est de bouger avec eux.

En tant qu’ostéopathe, je n’ajoute rien, ni ne retire rien au corps du patient, qui n’y soit déjà. Je ne fais que permettre une bonne relation entre des éléments dont la communication habituelle (physiologique) est momentanément biaisée, en dysfonctionnement.

L’ostéopathie d’où je parle n’est pas tant de tenir, de manipuler ou de mobiliser avec les mains, mais bien de mettre la main au contact, et ce faisant, de se mettre au contact de l’autre.

Lorsque je mets la main à plat sur le ventre d’un patient, dans mon esprit je suis neutre, je n’attends rien de particulier, je me mets en disponibilité de sensations tactiles ou de non sensation. C’est ce que Itsuo Tsuda[1] appelle le « Non – Faire ». Non agir ne veut pas dire ne rien faire, cela veut dire être au calme intérieur, attentif et prêt à se laisser porter par ce qui vient, tout comme : « Un homme d’Anaktuvuk Pass, à qui je  demandais ce qu’il faisait quand il se trouvait dans un lieu nouveau, me répondit : ‘J’écoute.’ C’est tout. ‘J’écoute’, voulait-il dire, ce que ce lieu me dit. Je le parcours, tous mes sens aux aguets, pour l’apprécier, bien avant de prononcer une parole »[2]

Être disponible en posant ma main sur un ventre (un pied, un bras, etc.), c’est ne pas me faire d’idée préconçue sur ce que je vais trouver (ou ne pas trouver) en relation avec la problématique du patient.

Le toucher comme langage

Le toucher sensible de l’ostéopathe est un langage non-verbal, un langage silencieux, corporel. Il s’agit d’un échange entre deux corps : celui du thérapeute et celui du patient.

C’est une véritable communication qui s’établit entre le patient et le thérapeute. 

« Parmi les canaux de communication habituels, le toucher ne joue normalement qu’un rôle accessoire dans les interactions sociales ».[3] Peu fréquent dans les cultures Nordiques et Extrême Orientales, plus banal dans les cultures Méditerranéennes, il trouve son importance dans les relations de soins. Je l’ai adapté dans la relation de coaching.

D’une manière générale, le toucher (même non thérapeutique) a une influence sur la personne,. En 1972, des chercheurs[4] ont mis en évidence que l’évaluation de stimuli pouvait être affecté par le toucher. Leur conclusion semble établir qu’un bref contact tactile conduit le sujet touché à une évaluation plus positive du « toucheur » et à une auto-évaluation plus positive de l’humeur de la personne touchée. D’autres chercheurs[5] ont montré que le toucher prédisposait la personne touchée à accéder à une requête formulée par le « toucheur » (voir l’article "Influence du toucher sur nos perceptions…)

Conclusion

« Mon corps est la texture commune de tous les objets et il est, au moins à l’égard du monde perçu, l’instrument général de ma ‘compréhension’ ».[6]

Grâce à ma pratique du toucher ostéopathique, j’ai élargi mon champ d’investigation à l’accompagnement des personnes dans leurs objectifs. Je me suis aperçu qu’il existe un lien entre les activités « mentales » et les tensions tissulaires. D’après les recherches récentes, (travaux d’Antonio Damasio), la prise de décision, quelle qu’elle soit, implique « la raison des émotions ».[7] Toute activité émotionnelle liée à une activité mentale se traduit immédiatement dans le corps. Réciproquement, les tensions tissulaires affectent en retour, et de manière significative, cette même activité cérébrale.

En poursuivant mon travail d’accompagnement sur des sportifs, des décideurs, des managers et certains patients phobiques, ces résultats m’ont amené à constater l’existence d’une réponse tissulaire à leur problématique « mentale ». Mon questionnement permanent est donc de comprendre ce qui se passe réellement lorsque le corps « résiste » (se met en tension, bloque sa respiration, accélère son pouls, entraîne des suées…) à notre propre décision prise volontairement. Inversement, en associant le mental et le corps pour les mobiliser ensemble, il est fort probable qu’on puisse cette fois-ci, activer toutes nos ressources dans la direction choisie (Leadership, prise de décision, gestion du stress, vision, changement...). L’ostéopathie m’avait déjà démontré que dans le corps tout est continuité et qu’aucune de ses parties ne peut fonctionner seules. Avec le coaching, cette approche m’a permis de mettre en pratique cette méthode globale d’accompagnement en permettant à ces parties de communiquer entre elles, en interaction au sein d’un système complexe, l’humain.



[1] TSUDA I., Le non-faire, école de la respiration, Le Courrier du Livre, Paris, 1973.

[2] LOPEZ cité par LE BRETON D. in La saveur du monde, une anthropologie des sens, Métailié, Paris, 2006, p. 24.

[3] COSNIER J., in Communication & Organisation, Non-verbal, communication, organisation, Actes du colloque du Grec/o, Bordeaux, mai 2000, n° 18, p. 51.

[4] SILVERTHORNE, NOREEN, HUNT & ROTA, in Communication & Organisation, Non-verbal, communication, organisation, op.cit. p. 136.

[5] KLEINKE, HORNIK, Ibid, p. 137.

[6] MERLEAU-PONTY M. Phénoménologie de la perception, Gallimard, Paris, 1945, p. 272.

[7] DAMASIO A., L’erreur de Descartes, La raison des émotions, Odile Jacob, Paris, 1995.



 Santé physique et mentale chez les Chefs d'entreprises.

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